dimanche 5 mai 2019

Afrique du Sud, Swaziland, Lesotho - Février 2019



L'album photo sans tout le blabla c'est ici !

Pour un peu de lecture je vous invite à vous faire une bonne tasse de rooibos avant d'attaquer cette note. Enjoy !




J'avais une ferme en Afrique...

Ces quelques mots de Karen Blixen évoquent surement pour les  plus romantiques d'entre vous les belles scènes d'Out Of Africa dont celle du survol en avion des vastes étendues sauvages du continent africain. Pour revoir robert faire le kéké ça se passe ici !

En ce qui nous concerne, on se contente d'une arrivée en A380 plein comme un œuf ce qui est nettement moins poétique. 



On atterrit à Johannesburg tôt le matin, où notre chauffeur Ray et ses quelques dents restantes nous attendent pour nous conduire à notre hôtel. Ne croyez pas qu'on s'embourgeoise outre mesure, c'est vraiment recommandé de demander à son hôtel d'envoyer une bagnole vous chercher.  

On traverse les faubourgs de la ville et l'ambiance se met en place petit à petit : toutes les maisons sont barricadées, protégées avec des barbelés et des systèmes de surveillance en veux-tu en voilà. La confiance règne ! Au loin, les immeubles de la ville apparaissent mais les quartiers ne s'animent pas vraiment, il faut dire aussi qu'on est dimanche. Et puis on débarque dans une rue où hôtels et restaurants se sont concentrés. Tous les touristes sont là également, on n'avait pas vu un gringo jusqu'ici : normal ils sont tous là à squatter les terrasses des cafés. 







On s'installe dans notre hôtel plutôt sympathique, au look industriel / art moderne, et on va arpenter cette rue comme tout le monde en allant dans un marché branchouille logé dans un grand immeuble un peu destroy où on peut manger toute sorte de cuisine (pas trouvé de blanquette de veau ceci-dit) et boire des bières artisanales, tout ça. Tout va bien, il fait beau, les chalands ont des bons looks, c'est très sympathique mais quand même pas vraiment "local" si vous voyez ce que je veux dire.




C'est pas tout ça mais on va quand même aller faire un petit tour en ville nous ! On imagine que Johannesburg c'est autre chose que ça. 
Alors la réponse est oui, tout à fait : le centre de Johannesburg c'est vraiment différent !  

A peine sortis de la rue des hôtels, protégée en permanence par des gardes, on plonge dans un autre monde de misère et de décrépitude. On est dimanche, certes, tout est fermé mais il y a une sale ambiance partout. Les immeubles tombent en ruine, tout a l'air abandonné, la pauvreté extrême est à chaque coin de rue. Gloups.. 



On est prévenu par deux fois sur la route qu'on ferait mieux de pas trainer là mais on ne la fait pas à Sigrid et Nico celle-là hein ! On en a vu d'autres ! On se balade en allant toujours plus loin à la recherche d'un peu de vie et de trucs intéressants à voir mais c'est vraiment la misère.
Bon accrochez-vous pour la suite : au retour, on fait connaissance avec un groupe de jeunes gens qui nous tombent littéralement dessus et nous piquent tout ce qu'on avait sur nous : téléphone, lunettes, montre de Sigrid (un super cadeau ! Grrr….), un peu d'argent et même notre guide de voyage (ou alors il est resté sur le trottoir celui-là car on n'a pas trop trainé pour s'en aller après ce petit intermède).  



On reste assis une fraction de seconde sur ce trottoir dégueulasse en se regardant, complètement hagards...Ma chemise et mon jean sont déchirés, Sigrid va garder longtemps des traces sur son poignet (pas la peine de tirer comme un malade sur le bracelet de ma montre mec !!) et mon cou va aussi se souvenir de la belle strangulation très technique subie.

Avec le recul on se dit deux choses :   
- On a eu du bol : les histoires sordides sur Johannesburg sont nombreuses et ces gars ont fait les choses proprement en nous étranglant juste ce qu'il faut et en faisant vite. Chapeau les gars ! Si je vous revois je vous paie un coup à boire tiens. 
- On se dit aussi que la situation de cette ville est vraiment terrible et ça semble vraiment mal barré pour l'améliorer. 
- Ah ! troisième truc en fait : heureusement qu'on avait quand même laissé nos papiers à l'hôtel (flashback : "on va laisser nos papiers dans le coffre, il parait que la ville craint"), sinon c'était retour direct dans le triangle d'or bordelais.  

Le soir, un orage assez costaud déchire le ciel de la ville. Ambiance étrange ! Dans notre chambre, on dort mal bien sûr avec quelques images qui reviennent, on est un peu remués mais on décide de continuer notre plan.

Le lendemain on essaye d'aller porter plainte mais on laisse tomber rapidement ! Le commissariat est aussi sordide que les rues du quartier et on ne sent pas vraiment la grosse motivation des policiers pour nous aider. Okay…
Le reste de la journée est consacrée à une visite d'un grand centre commercial pour acheter un autre téléphone (sinon pas de photos mes amis !) et des lunettes de lecture pour Sigrid. 

Donc nous y voilà, c'est là que cette note commence vraiment : Bonjour l'Afrique ! Let's go !

  • 29 janvier - 2 février : le parc Kruger

On récupère notre pickup / van / 4x4 d'aventuriers qui aiment bien quand même leur petit confort avec frigo et tout pour faire la popote et on file sur les grandes nationales direction le nord-est vers le fameux parc Kruger.

On va pas se laisser abattre non plus !

La route, la route, quelques panneaux sympathiques nous rappellent qu'on traverse des zones où les gens se font braquer leur caisse ou autre joyeuseté du genre. On finit par sortir des grands axes pour rejoindre la petite ville de Lydenburg, bien sympathique finalement. On y trouve un premier camping vide (à l'exception de nos voisins directs qui semblent installés là de façon permanente) car il se fait tard. Avec mon jean déchiré, nos stigmates encore présents, la bière pas super fraîche, la soupe en sachet qui cuit sur le petit réchaud et les moustiques qui attaquent sévère, on se dit que c'est un peu n'importe quoi ces vacances !

Mais on est pas si mal dans ce camion, et le soleil du lendemain nous invite à poursuivre notre route car il parait qu'il y a quelques animaux sauvages qui nous attendent.


Nous rentrons dans Kruger, avec quelques provisions achetées sur la route dans un excellent café de Pilgrim's rest. Notamment : un incroyable Cheese Cake que je déguste tranquillement en admirant de loin les premiers animaux sauvages qui pointent le bout de leur truffe. En l’occurrence quelques zèbres et girafes mais je préfère vous faire profiter de ce superbe gâteau.

Remarquez les lunettes Bondiblu©™ de belle facture en remplacement de mes Persol©™ piquées

Plus tard, nous verrons notre première majestueuse apparition avec cet immense éléphant sortant des bois et se nourrissant de feuilles arrachées à grand coups de trompe faisant craquer le bois dans le silence qui s'est installé après avoir coupé le moteur du Nissan Trax.


Un peu plus loin, c'est toute une petite famille qui rentre tranquillement dans ses pénates.



Le soir, on est absolument seuls dans notre camping reculé de Balule. Seuls n'est pas exactement le mot puisque quelques hyènes longent les clôtures et c'est surtout une armée de moustiques et autres insectes volants qui vous attaquent sauvagement dès la fin du jour. On apprendra qu'il faut établir un planning militaire ici et avoir tout remballé dès les derniers rayons de soleils disparus. Passé ce délai, l'être humain n'a plus sa place dans ces territoires.


Au petit matin, nous remettons notre van en configuration route afin d'aller parcourir en long et en large les pistes du parc en espérant voir débouler des animaux sauvages vus uniquement jusqu'ici lors d'émissions interminables du dimanche après-midi sur Antenne2 ou au zoo de la Palmyre près de Royan (une ville sympathique au demeurant).

D'ailleurs c'est le moment que choisi Sigrid pour m'annoncer tranquillement que ce qu'on fait ici à Kruger, appelé Safari et qui nous coute quand même une certaine somme d'argent non négligeable est également faisable non loin de Paris à Thoiry !! Et je vous parle pas des facilités associées comme, j'en suis sûr, la proximité de restaurants Courtepaille ou Buffalo Grill.

Mais bon, on est là on y reste maintenant hein !

Tiens, c'est la première fois que vous le voyez ! Classe non ?

Il y a vraiment beaucoup d'animaux dans Kruger, depuis les innombrables Impalas (le fast food des carnivores du coin) jusqu'aux petites tortues qui bizarrement se précipitent vers vous.


Dans Kruger, on reste dans sa bagnole à l'exception de quelques RARES zones de picnic ou de panorama. Autant dire que c'est pas le trip le plus sportif qu'on ait fait. Sur mon (nouveau) téléphone qui m'indique le nombre de pas, j'ai 2 ou 3 malheureux kms qui s'affichent par jour....


On roule à un rythme de sénateur et on s'arrête très souvent pour observer ce qui se passe sur le bord de la route et parfois sur la route elle-même. En cette saison c'est parfait, il n'y a vraiment pas grand monde et on a l'impression d'être les seuls Homo sapiens sur ces grandes étendues.


Et vas-y que ça te traverse n'importe où...





Des gnous !

Le buffle fait partie des fameux "Big 5" avec les lions, éléphants, léopards et rhinocéros

Le soir, on a nos petits rituels parfaitement chronométrés pour s'assurer de fermer la porte du van avant de se faire bouffer par toutes les bestioles assoiffées de sang. Généralement il y a deux bonnes binouzes pour nous désaltérer de la chaude journée et de tous les kilomètres parcourus à pied.

Mais on se souviendra que "après la bière c'est la misère"...





Sur la route, quand on réussi à choper des petites zones pour s'arrêter, on n'hésite pas et c'est souvent l'occasion de sortir la popote afin de se sustenter et se remettre des nombreux kilomètres parcourus à pied.

Ce matin là par exemple j'opte pour une formule assez light avec œufs et beurre de cacahuète.





Un bon coup de klaxon...



Le 4x4 est une voiture d'homme, nécessitant une conduite virile et un instinct masculin. La route peut être pleine de danger et parfois il y a des passages assez techniques à négocier. Pourtant j'accepte, de temps à autre, de laisser le volant à Sigrid sur quelques centaines de mètres pour lui faire plaisir et pour qu'elle ait quelques souvenirs forts de ce Safari.


Personnellement je n'ai aucun problème avec ça et je lui laisse la place en toute confiance, profitant de ce moment pour me reposer un peu de la conduite exténuante. 


Tient ça me rappelle quelque chose ! Vous vous souvenez ?

Back in Chile, 2015...





Une fin d'après-midi, on voit quelques voitures arrêtées au bord de la route et pour cause...une lionne est en train de bouffer un impala a grands coups de crocs. Elle s'est planquée derrière un buisson pour le faire mais le bruit de la carcasse en train de se faire dévorer est impressionnant. La lionne sort ensuite de sa planque pour venir se balader entre les voitures garées. Très étrange, comme si elle venait narguer les touristes en venant se coucher au milieu de la route. Elle se lèche les babines et ses énormes pattes de tout le sang du festin. Au delà de la démarche et de la carrure imposantes, les bruits du souffle et des grognements sont certainement les plus spectaculaires.



Même planqués dans notre bagnole avec vitres fermées, pas facile de soutenir le regard de la lionne.


On continue notre route, pas mécontents du spectacle qui reste relativement rare.




Après le camping de Balule, on s'arrêtera à ceux de Maroela et de Malelane. On a choisi à chaque fois ceux qui étaient paumés et loin des grands centres. Bon, on peut dire qu'on n'aura pas vu grand monde.

Je sais pas comment mais on se débrouille pour que la plaque d'immatriculation du van se détache à moitié à l'avant de la voiture et là c'est la première rencontre "coup de bol" du voyage (il y en aura d'autres...) : un rasta sorti de nul part dans une station service du parc me sort en 2mns un truc miraculeux pour me fixer tout ça tranquillement avant de retourner à ses activités...


Au fil des jours, on devient des spécialistes du montage de van avec ouverture du toit, extension de la cabine, mise en place des toiles, branchement électrique, décapsulage de bouteille de bière...


Observation d’hippopotame plus bas dans la rivière


Trois nuits dans le Kruger, des animaux sauvages en veux-tu en voilà, des campings et des pistes presque déserts, du beau temps et aucune agression ! On a passé quelques jours bien agréables. Direction maintenant un petit pays enclavé dans l'Afrique du Sud : le royaume du Swaziland, maintenant appelé l'Eswatini, dirigé par le roi Mswati III (14 épouses le coquinou !).

  • 2 au 5 février : Swaziland

On sort de l'ambiance toute confortable de Kruger pour replonger dans l'Afrique. Premier arrêt dans le petit bled de Kamaqhekeza pour faire le plein d'essence dans une animation pas possible de jour de marché. On ne passe pas inaperçus dans notre camion à tenter de se faufiler dans la circulation jusqu'à la station.


Direction le parc Ndlovu qu'on rejoint un jour plus tôt pour s'éviter une longue boucle vers un autre parc dont on n'aurait pas eu le temps de profiter de toute façon. Rappelons une chose ici : le tourisme en Afrique du Sud passe (quasiment) obligatoirement par des séjours dans des parcs nationaux ou privés. Ils sont fermés et gardés et en dehors de ça, pour des gringos fraichement débarqués comme nous, difficile de faire autrement. Du moins dans ce coin d'Afrique. Partout où on va, on nous parle de "safe place" (endroit sûr) où aller, si c'est pas safe t'y vas pas. Et ce qui est safe, ce sont les parcs fermés et protégés. La nuit il y a même des gardes armés qui font leur ronde...


     Autoportrait en salle de bain de camping


Dans ce parc, on voit nos premiers rhinocéros, ils s'étaient bien planqués à Kruger. C'est très classe un rhino.Il y a les blancs et les noirs, on n'aura vu que des blancs : les noirs sont très rares.




Ok, qui dit parc animalier dit promenade en bagnole safari aménagée. Je ne sais pas si ils en ont à Thoiry, on les avait évitées à Kruger mais là on va y passer car c'est le seul moyen d'aller dans une petite réserve où rodent des LIONS ! Je prends sur moi et je prends surtout les 2 binouzes qui font partie du package et on embarque en compagnie d'une petite famille sympathique et d'un autre couple.

Notez le van en arrière plan ! Déjà aménagé pour ce soir...



On tourne un peu avant de tomber sur une belle scène de lions qui se la coulent douce dans des hautes herbes avec au fond des éléphants qui se castagnent dans un ciel orageux transpercé par les éclairs.





Le soir, l'orage éclate sur le camp avec une pluie diluvienne. On observe ça tranquillement depuis un abri qui fait cuisine avant de réaliser qu'on n'a pas fermé les ouvertures dans les bâches du van. On s'y précipite donc pour constater l’inondation ! Et ben on dormira dans des draps mouillés avec des gouttes de pluie qui nous tombent sur la figure toute la nuit ! Et là je repense à Thoiry que j'aurais pu rejoindre avec ma 307 en dormant dans un hôtel Formule1 parfaitement étanche...


On quitte Ndlovu pour un autre camp (of course), direction le Mkhaya Game Reserve via la pire route de tous les temps avec des trous partout. Le lieu est un peu particulier car on y laisse sa caisse à l'entrée et on se fait trimballer pendant deux jours avec nuit dans une petite hutte sans mur plutôt classe...

En journée les hippos restent bien planqués dans l'eau, leur peau est trop fragile pour le soleil



 

Dans ce parc, on aura eu l'occasion de toucher un rhino : il s'est habitué aux gardes du parc qui se sont occupés de lui bébé car il n'avait pas de parents. Je ne sais plus ce qu'il leur est arrivé mais il faut bien se rappeler que le braconnage est encore très pratiqué.

Et ben heureusement qu'il fait chaud !


Sympa la hutte non ? Un seul petit bémol : le scorpion venimeux (dixit notre guide) sous la douche !



Donc deux jours formule tout compris avec le repas aux chandelles le soir et les femmes du coin qui bossent dans ce parc qui gratifient les invités d'un spectacle de danse...tout ce que j'aime avec invitation à les rejoindre à la fin. Nooooon !!!



On peut voyager et rester stylé...

Le rhino ne s'est pas rapproché, c'est la magie du zoom (tout pourri chez Apple)


  • 5 au 8 février : la côte Est

Ok ok ok...les animaux tout ça, les virées en 4x4 sur les pistes poussiéreuses, on a fait. Que peut-on faire d'autre en Afrique ? Il se trouve qu'il y a pas mal de côtes et nous on est du côté de celles bordées par l'océan Indien. Pourquoi ne pas y faire un tour et sortir nos maillots de bain ? On prend la route et on est tout content de s'arrêter dans une station service animée avec petite épicerie afin de s'acheter deux ou trois binouzes trucs à grignoter.


On débarque dans un camping qui est en fait un repère d'Afrikaners pêcheurs passant leur journée à sortir en bateau dans un lac avant de faire griller les prises du jour et nous enfumer d'odeur de poiscaille pendant qu'on mange nos pâtes.  On est à Kosi Bay est on va rester là deux nuits.





De l'autre côté du lac, il y a l'océan où va passer la journée après s'être paumés sur des pistes de sables desservant des habitations isolées.


4x4 obligatoire pour rejoindre la plage immense et sauvage. On se baigne dans l'océan et le soleil est écrasant. On fait pourtant un longue balade dans cet environnement grandiose.





Sigrid & Nico, option tout confort

Le soir en rentrant, on entend que la voiture fait un boucan pas possible. On ne sait pas trop d'où ça vient, de dessous a priori. Le lendemain en partant on essaie de trouver un garage ou un truc comme ça. Y'a pas trop de Norauto dans le coin mais un pompiste sympathique appelle un pote à lui qui débarque et nous conduit à son atelier pour mettre la voiture sur une rampe. Passé sous la voiture, je l'entends se marrer et arracher un morceau de tôle qui commençait à ce barrer et qui devait frotter contre un truc. Il nous prend 10 balles et on reprend la route.

Quand deux pros de la mécanique se rencontrent...

On adoooore les magasins Spar

Finalement la vie en camping car est faite de petites choses simples et on prend vite nos automatismes pour nous préparer à la nuit. Des gestes précis et efficaces et tout est rapidement prêt...

Hop...je tire là et je serre ici, j'ajuste le drap....

Et voilà le travail !

Au camping, il y a quelques singes pas farouches et qui diraient pas non à nos biscuits apéro...Pas facile de les faire déguerpir mais Sigrid pousse une gueulante faisant qu'on n'en a plus vu un seul après ça ! Ils doivent encore pleurer auprès de leurs mères à l'heure qu'il est.

Hé oh ! C'est les vacances, on a bien le droit de boire un coup...

Ce soir nous sommes à Sodwana Bay dans un camping qui bat des records en terme de solitude, y'a pas un chat ! On s'installe sur une petite parcelle, je défonce un robinet en faisant une marche arrière mais bon...L'océan n'est pas loin mais impossible de l'atteindre à pied. On remballe tout et on file à la playa !




Le soleil cogne toujours autant, le sable nous crame les pieds et en plus on peut pas se baigner ici : on repère plein de ces petites méduses bleues qui peuvent vous faire hurler de douleur. J'espère qu'on ne s'est pas trompés !





Tant que ce blog sera en ligne, Sigrid fera ces petits sauts...de jour comme de nuit...dingue non ?

Dernière étape sur la route des plages : on rejoint Cape Vidal et comme c'est le week-end le camping est plein ! Autre ambiance ! Que des blancs partout, bien sûr...à un moment je pense que nos voisins sont des noirs venus pêcher mais ils sont au service d'une bande d'Afrikaners en sortie entre mecs venus faire tourner leur bateau et exposer tout leur matos de camping. Il y a une vraie culture du camping tout équipé ici ! On se croirait à la foire internationale du camping car.

Actor's studio...."la peur"

Et ben...je retourne à Palavas pour me baigner moi...




Mesdames et messieurs...un phacochère !

Autour de Cape Vidal, il y a un parc très agréable qu'on peut parcourir en voiture.







C'est qui les plus heureux ?





Ok, il est temps de quitter la côte. Je sais pas vous mais moi ça fait longtemps que j'ai pas parcouru les pistes d'un parc en long, en large et en travers à la recherche d'animaux sauvages. Direction Hluhluwe (bataillez pas, impossible de prononcer ça normalement).


  • 8 au 11 février : Hluhluwe

Encore un parc vous allez me dire ? Oui vous répondrais-je. Mais avouons que celui-ci est particulièrement agréable. Assez vallonné bien que ne regorgeant pas d'animaux comme à Kruger.

On va passer deux nuits ici, on ne dormira pas dans le van car il n'y a pas de camping. Petite hutte la première nuit et superbe lodge (ouais aller on peut le dire) isolé pour la seconde.






Comme un rêve devenu réalité...petit dej à l'anglaise après notre première nuit !

On profite des équipements du parc hein !




Une coquille dans mon nom que je pardonne avec plaisir...

Pour notre deuxième nuit dans ce parc, on débarque donc dans un endroit fantastique...Une petite maison qui domine une rivière d'où l'on peut voir les migrations quotidiennes des animaux : familles d’éléphants et troupeaux de buffles longeant doucement la rivière en contrebas viendront nous émerveiller alors qu'on se rafraichit de cette longue journée de marche voiture.




Voilà, ça fait partie de ces petits moments qu'on oublie pas et où on se dit qu'on a bien de la chance d'avoir des bières au frais. Tout cela en écoutant Fleurette Africaine de Duke Ellington, avouez que ça jette...

Mais il faut maintenant quitter ces ambiances chaudes et reposantes pour rejoindre des contrées plus rudes. Direction le Lesotho avec une petite difficulté technique pour y arriver : le terrible Sani Pass !



  • 11 au 13 février : Sani Pass et Lesotho 

Avant le Sani Pass (je vais vous expliquer ce que c'est plus tard...) il y a un peu de route quand même. Notre plus grande étape d'ailleurs.

Alors qu'on a un bon rythme sur l'autoroute, un gars nous double en faisant des signes pas possibles. Il ne s'agit pas d'une attaque mais ces jeunes gens veulent juste nous prévenir qu'on roule à 130 avec le toit de tente grand ouvert...Les attaches ont sauté et on ne peut plus le fermer...
Arrêt sur la bande d'arrêt d'urgence à trafiquer un système de sangle pas super optimisé puis arrêt dans une station service où le personnel très sympathique m'aide à revisser un truc mais de façon très temporaire.

On se laisse pas abattre et on s'avale quand même un peu plus tard un dej dans une station service un peu glauque.


On arrive finalement à Underberg, un petite ville agréable comme tout où on me conseille d'aller voir "John" pour mon histoire de toit. Voilà un gars qu'on peut qualifier de cool ! Il bricole tout un tas de bagnoles et de camions dans son garage à écouter du Bon Jovi à fond les gamelles. Il regarde le truc vite fait et me demande d'aller acheter une pièce particulière dans un magasin de bricolage pas loin. D'abord circonspect sur ma demande, le vendeur là-bas comprend tout quand je lui dit que je viens de la part de "John" et m'attrape la pièce illico. John me monte le truc en 15mns debout sur une vieille table pourrie, me prends 10 balles et me conseille un super camping pour la nuit.


Le camping est en effet parfait, il n'y a personne, même pas pour nous acquitter du prix de la nuit ! Petite nuit gratos ! On est en face des magnifiques montagnes du Drakensberg, très impressionnantes. C'est vert, c'est normal il pleut souvent.




Non mais c'est qui les plus heureux !!??

Depuis la réparation, la fermeture du toit requiert une technique spéciale...



Nous sommes maintenant prêts à affronter le Sani Pass...Il s'agit de la seule route qui permet de rentrer au Lesotho, autre pays enclavé, depuis le Sud. C'est encore une route un peu aventureuse qui nécessite d'avoir un 4x4 mais ce sera bientôt de l'histoire ancienne...les Chinois (ben oui...) sont en train de refaire toutes les routes et ce sera bientôt plus simple de rejoindre le Lesotho que d'aller sur Oléron (j'exagère mais à peine...).

Les choses sérieuses commencent...


On a du bol, il fait un temps magnifique et c'est déjà ça de gagné pour cette montée héroïque. On aperçoit au loin l'étroit passage qu'il va falloir franchir.


Il y a des passages particulièrement délicats, je me demande comment on fait pour passer tant la piste est dans un sale état avec des caillasses énormes. Et ça ne loupe pas, je crève en plein milieu de la montée mais certainement au meilleur endroit puisque je trouve un coin plat à l'écart de la piste.

Et là, voilà Johnny qui arrive. Il en a vu d'autre Johnny et va (plus que) m'aider à changer la roue, modifiant même discrètement le sens des boulons sur la roue que j'avais placés à l'envers comme si j'avais fait ça toute ma vie. A côté de nous une autre bagnole s'était arrêté avant nous et viennent nous demander à la fin si on a besoin d'aide. Il sont délicatement qualifiés d'"assholes" (trou duc !) par Johnny une fois retournés à leur bagnole après qu'on leur ait confirmé que non effectivement on n'avait plus besoin d'eux.
Johnny me réparera même mon pneu crevé grâce à tout son attirail d'aventurier dans son Land Rover.


Le reste de la montée est un peu tendue quand même :-)...

On arrive finalement en haut du col, la voiture est à bout de force, on a bien galéré lors des derniers virages. Mais on y est !


Le plus haut Pub d'Afrique nous attend, l'occasion de boire un coup avec Johnny et Tess.



Visiblement je suis content...

Les lacets du Sani Pass...



Le Lesotho est un pays très pauvre (classé 161ème sur 188 !), et dans ce coin il n'y a que des petits bergers au look impressionnant : des bottes en caoutchouc, un caleçon, une cagoule et une couverture en laine ! Ce n'est pas du folklore, il sont tous comme ça même si il connaissent bien l'effet que cela peut faire sur les touristes de passage en train de siroter un verre à la terrasse du Pub. Ils viennent chanter et entamer une danse pour quelque rands...


La route qui traverse ensuite le Lesotho est incroyablement bonne. Elle est réalisée par des entreprises chinoises qui investissent en masse dans les infrastructures d'Afrique. La plupart des touristes font le Sani Pass aller-retour pour le fun. Nous on continue la route et on retraversera la frontière plus au nord.


Le soir on s'arrête dans un lieu vraiment marquant. Un gars a installé quelques "roundavels", ces habitations typiques de ce coin d'Afrique, dans un endroit vraiment isolé. Bien sûr on est seuls à se pointer. C'est à la fois très agréable et un peu glauque. On est en altitude, il fait pas chaud chaud et c'est vraiment vaste, sauvage et paumé.





On se balade dans les alentours, on croise quelques bergers mystérieux sous leurs cagoules pas encore trop habitués à voir des gringos dans le coin.




L'espace "petit dej"

Sigrid & Nico recommandent...

On va traverser le pays, depuis ses hauts plateaux aux airs de Tibet jusqu'aux plaines plus chaudes avant de repasser la frontière avec l'Afrique du Sud.



Avant de repasser la frontière, on s'arrête pour un petit picnic chic à base de tomate / mozza au bord de la route mais il faudra se rappeler qu'on fait pas ça tranquillement dans un des pays les plus pauvres du monde, on se fait vite accoster par des gars du coin qui sont assez loin de l'ambiance dans laquelle on se trouve....On remballe encore une fois et on trace.




  • 13 au 16 février : Drakensberg

Nous revoilà en Afrique du Sud par un temps absolument épouvantable. C'est normal en cette saison parait-il mais on ne peut pas faire les belles balades prévues dans les montagnes magnifiques du coin.

Nous sommes au "Golden Gate Highlands National Park".

On glande dans un camping inondé à attendre la fin de la pluie qui n'arrive pas vraiment. On pioche dans nos dernières réserves du frigo pour un diner hype à base de beans et de bière dans une cuisine un peu crade.


Non mais alors c'est qui les plus heureux ??


Le lendemain, un peu moins de pluie mais des nuages bas nous empêchant de pleinement profiter de cette région qui a l'air magnifique ! Un petit côté écossais...


Nous rejoignons finalement notre dernière destination, le "Royal Natal National Park" où nous allons rester deux nuits dans un chouette camping.

Il a pas l'air commode l'animal...

On y fait une première balade assez humide mais très belle le long de rivières et de cascades.




Non mais là franchement...c'est qui les plus heureux ?

Et le lendemain, une autre trèèèèèèès longue balade jusqu'à une curiosité géologique : le "policeman's helmet" : mais oui ne dirait-on pas un casque de policier anglais ? Ben si...


Passage de rivière et tout...


On finit donc sur une note humide notre grande boucle dans ces environnements si particuliers finalement. Pas facile de s'y sentir bien tout le temps avec cette course aux "safe places", cette tension permanente très certainement amplifiée par notre petite mésaventure du premier jour. On ne connaissait rien à ce pays extrêmement complexe, on y a débarqué tranquillement sans savoir où on arrivait. Depuis on s'est renseigné un peu, on a notamment lu l'excellent roman de André Brick : "Une saison blanche et sèche". Il y a encore du boulot, la route est longue ! Lors de notre voyage on a pu capter dans quelques phrases et attitudes les énormes difficultés que connait le pays, mélange de résignation et parfois de racisme ambiant. Nous, on se rappellera surtout de ces familles d'éléphants longeant tranquillement les rivières et de ces girafes parfois curieuses qui se déplacent dans un ralenti presque irréel... 

Nelson aura quand même bien veillé sur nous ! 

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