Quelle est la bonne période pour aller en Grèce et mettre un pied sur une ou deux îles des Cyclades sans se faire embarquer par le flux touristique ? Comme on est de nature assez prudente, on choisit décembre comme ça pour voir et si ça nous plait on reviendra plus tard.
Alors je vous le dit tout de suite : c'est un bon choix (chapeau Sigrid et Nico) avec tout de même un petit inconvénient : l'heure de l'apéro est avancée à 17h30 pour des raisons de soleil qui se couche trop tôt avec comme une petite impression de comportement d'alcoolique quand on se descend son Ouzo on the rocks à l'heure où d'autres font quatre heures avec leur tartine nutella.
Nous atterrissons à Athènes le 6 décembre bien tard le soir et on rejoint notre hôtel du quartier ô combien touristique de Plaka par les rues sombres et bien calmes de la capitale grecque.
Le lendemain matin, après un petit dej bien costaud comme je les aime (même si ça peut être la GUERRE au buffet), c'est un superbe soleil qui nous attend pour arpenter la ville.
Ce jour-là, on a peut être battu le record du monde de nombre de kms à pattes enquillés dans la journée dans la ville. On va partout, de collines en collines, de quartiers en quartiers; de bars en cafés...
Alors c'est un classique mais la relève de la garde devant la tombe du soldat inconnu au niveau du palais présidentiel est vraiment étonnante.
On connait bien ce cérémonial exécuté par les evzones (pour moi, c'est automatique ça me fait penser à ça) mais ce qui est surprenant, c'est ce qui se passe après que les deux soldats aient rejoints leurs petites cabirottes. Un militaire en tenue classique va alors rejoindre chacun deux pour un moment d'une extrême douceur (et ouais y'a pas d'autre mot) : en se tenant très près d'eux, il vérifie que la tenue et le matériel sont bien positionnés puis il sort un petit mouchoir et, de la façon la plus tendre qui soit, essuie le visage des soldats de la sueur produite par leur exercice tout en murmurant quelques mots. C'est d'une bienveillance touchante qui met Sigrid dans tous ses états. Trop mignon quoi.
Ok c'est cute mais on a de la route, direction la colline de Likavitou pour une belle vue sur la ville et cet espèce de monument en ruine qui s’appellerait "l'Acropole" mais on n'en sait pas bien d'avantage.
Jeunes gens, la marche forcée dans les rues animées de la ville c'est un chose, mais il faut bien penser à se sustenter un peu sinon on n'atteindra jamais la ville de Marathon à quelques 40 bornes d'ici.
Rien de mieux qu'un vieux Gyros avec quelques olives, du tzatziki (vas-y pour bien l'écrire du premier coup) et une bonne bière dans un petit boui-boui.
On est contents on a bien mangé
On continue nos déambulations jusqu'à l'heure de l'apéro (quelle heure déjà ?) devant un beau soleil couchant sur le Pirée au loin.
Le jour suivant, après un nouvel hold-up au niveau du buffet petit-dej', on reprend la direction des différents quartiers athéniens, allant notamment jusqu'au marché central où on boit un café grec (comme le turc, direct avec le marc de café dans la tasse).
Dans l'après-midi, on prend un bus pour Rafina, le port à partir duquel on embarquera le lendemain matin pour Tinos, notre première escale dans les Cyclades. Les lumières de cette fin de journée sont de toute beauté.
C'est donc dès potron-minet que l'on rejoint notre ferry quasiment vide en cette période de l'année. On en a pour plus de quatre heures, le bateau fait halte à Andros puis à Syros avant de nous débarquer à Tinos vers midi, l'heure idéale pour un petit gyros.
A Tinos, nous rejoignons notre magnifique petite maison agrippée au flanc d'une colline et dominant la mer Égée et l'île de Mikonos au loin. On aura pour compagnie 4 chats un poil collants mais adorables.
Le premier soir, et juste avant l'apéro/goûter, petite balade jusqu'à la plage de Santa Margarita où je suis obligé de perpétuer la tradition du bain de la liberté. Ça caille un peu mais c'est magnifique !
Baignade nature devant Mikonos...hum...
Les jours suivants sont faits de balades sur l'île et surtout de petits matins passés sur les terrasses de la maison où tout n'est que calme est volupté pour reprendre une expression qui peut être irritante à force de l'entendre mais bon, je trouve que ça s'applique bien à la situation.
Et vas-y qu'on s'envoie des cafés jusqu'à plus soif
La maison dispose d'un potager 100% bio, irrigué notamment par l'eau recyclée de la maison (lavabo, douche, toilettes...) donc autant dire qu'il faut avoir bien confiance dans le système naturel de filtrage mis en place par les proprios.
On y ramasse brocolis, choux-fleurs, salades, radis...On est veg-bio à donf' là.
La vie simple dans les Cyclades
Un bout de fromage, un poêle à bois, que rêver de mieux ?
Les petits boulets de la maison
Dans le village voisin de Mirsini, on s'arrête à deux reprises chez Théresa, l'épicerie / bistro / resto du coin, pour un café du matin puis pour un repas du soir (vers 19h00 quoi) avec quelques locaux qui s'envoient clope clope avec petits verres de raki.
Les motards ont un bon look encore ici sur les panneaux
Donc franchement en définitive, que raconter d'autre qu'on se promène depuis les beaux points de vue en hauteur jusque vers les petites criques et les phares abandonnés paumés aux pieds de collines arides. Il n'y a personne sur cette île, on a quand même l'impression que les habitations sont désertées pendant l'hiver ou du moins en décembre. On n'aura véritablement croisé personne lors de nos balades.
Dans le port de pêcheur de Panormos, les restos sont ouverts mais encore une fois y'a pas un chat ! Enfin si, y'a des chats, plein même, mais c'est une façon de parler.
Ah tiens y'a du monde à l'heure de l'Ouzo...
Une des particularités de l'île, c'est la présence de magnifique pigeonniers disséminés un peu partout.
Ambiance hors saison...
Dans le village d'Isternia à la tombée du jour (juste avant l'heure de l'apéro quoi)
Les petits matins sont enchanteurs, le soleil se lève devant la fenêtre de notre chambre produisant chez nous des réflexes stimulus / réponse (révisez vos cours de biolo mes amis) ==> faire chauffer le café + donner des croquettes aux chats avant qu'ils ne pètent un câble devant nos tartines beurrées.
Pour nous accompagner dans cette solitude insulaire, deux camarades attachants : ce bon vieux Henry David Thoreau tout d'abord avec le désormais classique "Walden" qui évoque, à un rythme trèèèèèès lent, la vie dans les bois en autonomie vers 1850 dans le Massachusetts (j'ai vérifié sur Google le nombre de T et de S là-dedans, ça devrait être ok). Le Boss est aussi avec nous, il raconte sa vie et nous conduit dans les profondeurs de son âme tourmentée.
Ah oui, au delà de la lecture, ça va bien un moment, y'a toujours une petite binouze au frais qui vient nous rappeler qu'on est pas si mal ici.
Au loin, c'est l'île d'Andros, notre prochaine destination
Un des avantages des petites îles ? Vous pouvez voir le soleil se lever le matin et se coucher le soir.
Sur Tinos, on restera un jour de plus que prévu pour cause de grève des ferrys. On prend ce contre-temps comme une bonne nouvelle tellement on se plait sur cette île. Mais on finit quand même par prendre un bateau, toujours aussi vide.
Sur Andros, l'environnement nous paraît plus rude, peut-être parce que le temps n'est plus au beau fixe et qu'on loge maintenant dans une toute petite maison en pierre dans un coin paumé au milieu de nulle part de chez nulle part sur les hauteurs de l'île.
Un classique cette photo...
On se rend dans le joli petit port de Andros avec son phare trop mimi perché sur un bout de rocher. On mange dans un restau un peu glauque où un ou deux habitués finissent leur haricots devant une émission de foot.
Le deuxième jour, on va dans le nord de l'île jusqu'à la plage de Zorkos ce qui donne envie à Sigrid de monter sur le capot de la voiture. Je ne comprends pas trop ce comportement mais j'immortalise quand même ce moment car j'ai l'impression que c'est ce qu'elle attend.
Ça c'est chou...
Dernière nuit, dernier matin dans notre bicoque en pierre sous les yeux des ânes / mules et chevaux du coin. Ah oui je vous ai pas dit : la personne qui loue ce logement gère un refuge pour animaux abandonnés. Il y a donc en contrebas une trentaine de chats et une vingtaine de chiens : autant dire qu'on arrive dans la maison en faisant le moins de bruit possible pour ne pas déclencher les aboiements !
De retour à Athènes, on fête nos retrouvailles avec l'animation en se buvant un bon café accompagné de pâtisseries de noël.
Le soir, on fait un tour dans un bar à cocktail trop branché pour toi où Sigrid a un moment de panique en lisant la carte et en m'indiquant que le cocktail que je viens de commander coûte 40€ ! On fait quoi ?? On se casse !! Pas de panique jeune fille, il s'agit du numéro de la page où un petit descriptif de ce nectar fait d'alcools rares et raffinés nous attend. Pour ma part je continue ma conversation avec la charmante mixologue en lui demandant si elle réalise ses "Pisco Sour" à la mode péruvienne c'est à dire avec un blanc d’œuf et d'un air entendu j'en commande un.
On finit cette douce soirée par un falafel que l'on déguste dans la rue avant de continuer notre promenade nocturne qui permet aussi de digérer l'engin.
Avant notre départ, nous admirons une dernière fois Athènes tels Alexandre le Grand admirant le berceau de la civilisation occidentale.








Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire